1- Sur le profil général de notre parti
Parti ou mouvement ?
Claude pose bien le problème selon une argumentation basée sur des principes avec lesquels je suis en plein accord. Toutefois notre organisation est en gestation, elle a donc besoin de mesures transitoires. En effet, le Parti décrit par Claude ( pyramidal, centralisé, démocratique, tourné vers l’action) est une organisation achevée qui ne peut exister que parce qu’elle a une ligne politique très élaborée qui fait la cohésion de ses membres. Il est évident que cela ne sera notre cas que progressivement ; je pense que même le 1er congrès laissera certaines questions en suspens ou dans un flou relatif .
Par conséquent, dans notre fonctionnement immédiat, il est inévitable que le temps réservé aux débats soit très important, que le consensus soit la règle, que la coordination des comités d’initiative ait une fonction surtout technique , que l‘intervention consiste surtout à apparaître, se montrer. Dépasser ce stade ne pourra se faire qu’avec une homogénéisation des membres de notre parti. Donc construire notre parti maintenant , c’est fonctionner comme un mouvement.
Communiste ?
Bien que totalement partisan du programme communiste originel ( visant l’instauration d’une société sans classes) je constate que le mot a été kidnappé par des forces qui nous sont opposées sur tout, en particulier l’énorme et hideux parti «communiste » chinois , qui tient une grande place dans la situation faite aux travailleurs de cette planète. On peut essayer de dire que nous sommes pour un « vrai » communisme, en vain : on ne peut pas imposer le sens d’un mot contre 1,5 milliard d’individus…Il faut donc réserver ce terme aux études historiques.
Socialiste ?
Le PS français ne nous ressemble pas plus que le PC de Chine. Mais pour le mot, la question est ici différente , car il admet des interprétations, des politiques diverses. Le PS social-libéral se détourne-t-il des intérêts des travailleurs ? Alors la caractérisation « parti socialiste des travailleurs » pourrait éclairer l’alternative que nous proposons.
Révolutionnaire ?
Je ne suis pas favorable à ce terme dans le nom de notre parti ; non pas que ça fasse peur, bien au contraire ! Mais ça serait plaquer un schéma de prise du pouvoir, alors que ce parti n’a pas encore d’histoire, et donc peu d’expérience. Est révolutionnaire celui/celle qui agit quotidiennement pour la révolution, pas celui qui dit l’être. Il faut donc un débat permanent sur notre intervention, afin de vérifier si elle est caractérisable de révolutionnaire, ce que je souhaite personnellement.
La question de l’écologie.
Ce n’est hélas pas une simple question parmi d’autres (internationalisme, féminisme etc..). L’actualité brûlante (effet de serre, pétrole, déchets..) nous impose de lui donner une place particulière, et une place qui risque d’être de plus en plus dramatiquement urgente. Dans ces conditions, je suis favorable à mettre en avant la notion « d’éco-socialisme ». Pas dans le nom, car « parti éco-socialiste », par exemple, ça pourrait être compris comme une révision des orientations traditionnelles de l’extrême-gauche, dans le sens : « priorité à l’écologie, la justice sociale ça passe après ». Une solution qui me conviendrait, ce serait par exemple :
PARTI SOCIALISTE DES TRAVAILLEURS
(pour une alternative éco-socialiste )
Sur notre fonctionnement démocratique.
La fondation d’un parti anticapitaliste a quelque chose d’utopique que nous devons assumer : il n’existe nulle part de modèle de la société que nous voulons construire, dans le domaine économique particulièrement. Mais nous serons jugés aussi sur la démocratie de notre fonctionnement, et là, nous avons de multiples expériences à notre disposition, si bien que nous pouvons être parfaits, nous avons le devoir d’être exemplaires en démocratie.
La base de la démocratie c’est l’information : nous encourageons tout nouvel adhérent, tout sympathisant, à disposer d’une communication par internet. Le blog de Tours-Nord actuel est un bon exemple de ce que nous devons généraliser et améliorer , car c’est le lien nécessaire que nous devons prioriser. S’il s’avère que pour certains de nos membres, que nous aurons recensés, la communication papier est la seule possible, alors il faudra éditer un bulletin d’info quinzomadaire à envoyer par la poste à ces personnes. C’est une tache lourde mais indispensable.
Nos sympathisants, ceux qui nous aiment mais ne peuvent ou ne veulent pas s’engager dans la militance régulière, doivent disposer d’un lien identique : une info papier mensuelle ou par blog . Une rubrique à suivre très précisément, c’est l’agenda des mobilisations et des réunions.
Pour nos membres - l’info doit s’améliorer : discussions sur le contenu dans les comités d’initiative, responsabilisation des coordinations de comités, mise en place d’une commission départementale « presse » pour rédiger le bulletin d’info, travailler sur notre apparition publique et à terme, sur un front de lutte « presse ».
- l’info doit être complétée par des éléments concernant la vie interne du parti, ce qui implique un blog spécifique pour la vie interne, où la transparence doit être totale, y compris les noms des camarades qui agissent, ce que l’on ne fait pas toujours spontanément.
Les réunions :
-Le comité d’initiative (comité de base) se réunit dans l’idéal toutes les 3 semaines, voire 2 semaines si l’actualité l’exige, le « minimum vital » étant chaque mois.
-La coordination des comités d’initiative se réunit tous les 15 jours. Elle comprend des représentants des comités à raison d’1 pour 10 membres, en général 2 par comité. Cette coordination centralise les débats et décisions, pour homogénéiser l’activité du parti dans le 37.
-Un secrétariat de la coordination, plutôt technique dans l’immédiat, plus politique par la suite, se réunit chaque semaine.
-Les commissions (syndicale, femmes, presse ..) comprenant des membres de tous les comités , se réunissent toutes les 3 semaines en principe.
-Chaque trimestre, et fois par an au minimum, le secrétariat convoque une Assemblée Générale pour faire le point sur l’avancée de notre construction..
-Toute réunion, quelle qu’elle soit, est ouverte à tous les membres du parti, dans la limite des possibilités matérielles. Dans ce cas, « l’invité » a le droit à la parole si les membres ordinaires le souhaitent, mais pas au vote s’il y en a, car chacun est rattaché à 1 comité et 1 seul. En respectant ce point, nous pourrons limiter l’isolement de certains membres peu disponibles ou itinérants.
Le comité d’initiative.(CI)
L’idéal est de 12 à 15 membres : cela permet de bien se connaître, de travailler collectivement, de pouvoir tous s’exprimer oralement, cela tolère les absences inévitables de 2 ou 3 membres sans gène majeure, et ça n’exige qu’une petite salle publique ou une grande pièce privée.
Le minimum est de 6 ou 7 pour la création au forcing d’un comité qui a de l’avenir.
Le maximum est de 20. Au-delà il faut songer à la création d’un comité supplémentaire, sans quoi le fonctionnement démocratique ne pourra pas être assuré à terme.
Le CI élit/désigne ses représentants à la coordination en leur donnant un mandat. Ces représentants doivent tourner dans un premier temps. Quand il s’avèrera, à l’expérience vérifiée par un débat, que certains sont plus qualifiés que d’autres pour assurer cette tache, alors la rotation pourra être ralentie.
Ici je crois qu’il faut préciser une chose. Il ne me semble pas judicieux de fixer des responsabilités en posant la question « qui veut le faire ? ». Cela individualise la décision des membres. Il vaut mieux demander « qui propose quelqu’un pour le faire ? » car là ça oblige à justifier, ne serait-ce qu’un minimum, la candidature.
Le CI désigne un groupe (on peut l’appeler bureau ou secrétariat du CI) pour animer ses réunions. Il est préférable que ceux-ci ne soient pas ceux-celles qui participent à la coordination car ce sont des taches différentes et il faut répartir les responsabilités.
Dernière chose, et non des moindres, sur la démocratie.
Les meilleures mesures organisationnelles ( droit de tendance, rotation des élus, transparence des décisions) ne sont rien sans la volonté des membres de les appliquer.
Si cette volonté devait manquer, ce serait pour 2 raisons possibles :
1)L’insuffisante confiance en soi : « je ne suis pas d’accord mais je ne le dis pas car je ne suis pas moi-même capable de faire mieux ». Contre ce fatalisme résigné, nous disposons d’une arme efficace sur le long terme : l’info et la discussion, bref la formation des membres.
2)La confiance excessive en certains camarades : « je ne suis pas d’accord mais il est brillant, donc je ne dis rien contre lui ». Ce danger est redoutable, il est le germe de la
bureaucratisation que le mouvement des exploités a connu de multiples fois. Contre cela, il faut admettre la critique des élus et dirigeants, mieux, il faut encourager cette critique, car plus
tôt on corrigera les déviations possibles, plus facilement on préservera la démocratie et la vitalité de notre parti. C’est la tache interne la plus difficile, raison de plus pour la prendre très
au sérieux.
CONTRIBUTION DE JACQUES BALOGE TOURS-NORD