Nouveau parti anticapitaliste
et nouvelle représentation du salariat
Des nécessités objectives induite par la période
Bien que je partage et cosigne la contribution faite par le courant Unir pour la réunion nationale des 28 et 29 juin prochains, il m’a paru nécessaire de réaborder quelques points sous un prisme plus personnel et/ou local.
Il me semble important de faire un premier constat, le mouvement social n’est pas en capacité de construire un rapport de force à son avantage. Les manifestations des mois de mai et juin ont montré une certaine capacité de mobilisation, mais elles n’ont jamais été le témoin ni d’une solide unité dans l’affrontement ni d’une réelle convergence entre différents secteurs.
Pour autant, je ne peux rester sourd à l’analyse que font certains camarades qui estiment « qu’il ne manque qu’une étincelle… ». Il est clair que de nombreux secteurs se mobilisent et que des grèves se déclenchent un peu partout sur le territoire. Il est réel aussi que de nouveaux secteurs qui jusque-là n’avaient pas été les fers de lance de la contestation se mettent en mouvement (grève des impôts). Mais aujourd’hui cette nappe de fond reste encore trop cantonnée au niveau phréatique car trop sporadique pour représenter une force et poser, se poser la question du pouvoir.
Ce double constat nous dévoile les ou la nécessité de la période. Il manque cruellement un liant ! Il manque l’élément fédérateur, une force ou un front qui puisse jouer le rôle de moteur ou d’aspiration générale.
Dans ce paysage, le NPA dans sa démarche actuelle ne semble pas être suffisamment en phase avec les nécessités de la période. Jusqu’à aujourd’hui, à quelques exceptions près, la grosse partie de l’activité des comités s’est concentrée autour des questions de structuration, quel parti construire, quel rapport à la démocratie, quelle démocratie, quel programme…
Le rapport au mouvement social, du moins sur Tours, est encore dans une gestation précoce. Les comités ne se nourrissent pas et ne sont pas nourris par lui. Il n’existe pas de lien suffisamment organique entre les deux. Nous nous posons beaucoup trop la question du parti en soit. Nous sommes trop centrés sur sa création intrinsèque alors que nous savons bien que s’il est coupé du mouvement social et des luttes nous allons rater notre but. Nous sommes trop encré dans une logique de position alors que le processus constituant devrait être une fougueuse guerre de mouvement, d’agrégation, d’ouverture, de confrontation, de construction d’une lame vivante et irrésistible et non d’une vague inerte même des plus charmantes qui soit.
De plus, il reste un champ encore trop peu investi par les comités : la politique. Il faut faire s’immiscer les comités et les coordinations départementales dans le champ politique. Nous devons à moyen, voire court terme, arriver à propulser les différentes structures du NPA dans la strate du politique qui est la sienne car nous parlons bien d’un parti ou d’une organisation politique. L’individu n’a de réalité que dans son rapport aux autres dans la société et bien pour le NPA je pense que c’est la même chose, il n’a d’existence politique que dans son rapport aux autres forces et courants politiques. Par là j’entends que le NPA doit initier des démarches de front unique, développer des adresses aux autres forces politiques et courant afin d’exister à eux.
Tout cela n’invalide en rien la pertinence de la construction du NPA, car force est de constater que les comités d’initiatives, leurs nombres et les militants qu’ils regroupent sont une force potentielle importante. C’est pour cela que nous devons continuer dans cette démarche-là, persévérer, construire et faire grossir cette nouvelle organisation.
Mais nous devons admettre aussi que ce ne peut être qu’une étape, un point d’appui nécessaire pour chercher à construire une force large et pluraliste capable de peser, de transcender les lignes de force, une force en capacité d’imposer un rapport de force. C’est cette structure qui manque aujourd’hui aux salariés, à la jeunesse, aux chômeurs, aux sans papiers…
L’appel POLITIS s’inscrivait et s’inscrit toujours dans ce cadre-là. Loin d’opposer les initiatives sa force est justement de tenter d’agréger les différentes dynamiques sans les soustraire. Oui, ce n’est pas le même projet que celui que nous portons au sein du NPA mais ceux qui ont pensé que ces projets s’opposaient, sont dans l’erreur, car ils sont forcés d’admettre que le seul cadre du NPA ne répond pas entièrement aux données du problème social et politique qui nous est posé en ce moment.
Aucune force politique n’est en mesure à elle seule de porter une offensive contre le gouvernement Sarkozy-Fillon. Le PS et le PC sont enferrés dans une inertie structurelle qui les empêche de porter un projet crédible de rupture, les verts sont aux abonnés absents. Quant à LO leurs choix politiques empêchent toute démarcation trop franche du parti socialiste. Nous sommes les plus à même de bouleverser l’amorphisme général, nous sommes sur un chemin dont l’horizon peut offrir des perspectives salutaires. Pour cela surtout ne soyons pas frileux et osons pousser notre volonté politique jusqu’au bout afin d’engranger.
Antonin et Paskal LCR (tendance-UNIR), comité Tours-centre et Tours-nord.