CONTRIBUTION AU DEBAT SUR LE NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE
Les premières contributions qui circulent localement abordent principalement les questions de fonctionnement, de modes d’organisation. C’est sans doute un des enjeux centraux du processus constituant mais nous ne devront pas négliger de débattre des axes politiques que nous allons porter ensemble.
Parti, mouvement, réseau, ligue… la nécessaire organisation
Au-delà de la question d’appellation (la LCR, une ligue ou un parti ?) qui sera réglée par le nom que nous choisirons, l’essentiel c’est de fixer des modes de fonctionnement, de prise de décision qui garantissent la démocratie et le fait que celles et ceux qui nous rejoignent (individuellement ou collectivement) trouvent leur place.
Derrière les mots réseau, mouvement il y a sans doute le sentiment de sauvegarder « les capacités de contrôle et d’initiative locales »
. Derrière le mot parti, il y a pour un certain nombre l’aspect bureaucratie, hiérarchie, centralisme. De ce point de vue le rejet qui existe de « la forme partie » est souvent le fruit d’expériences vécues dans ou à travers des partis existants.
Notre objectif étant de faire converger les résistances, d’élaborer une alternative pour que s’impose un changement de pouvoir, nous avons besoin d’un outil qui, bien sur, repose sur une mise en commun de diverses expériences (sociales, de luttes, générationnelles) mais qui s’appuie aussi sur l’élaboration constante d’un projet global. Le changement de société que nous voulons ne peut pas s’effectuer par la simple globalisation, fusion de tous les fronts de lutte, même si c’est un élément essentiel. Pour changer cette société nous aurons à nous confronter à l’Etat qui est le cadre d’organisation centralisé dont s’est doté la bourgeoisie.
Un outil qui permette cette élaboration collective, cette construction d’une alternative globale, qui prépare cet affrontement, c’est historiquement la fonction d’un parti. C’est pour cela que nous devons construire un parti tout en étant conscient des défauts qu’il a historiquement engendrés (bureaucratisation, centralisme). La conscience de cette situation étant la meilleur base d’une lutte constante pour limiter la portée de ces dérives qui existeront sans doute.
Démocratie, centralisme démocratique… prise de décision
Comment décider et être efficace ? Vieux débats que ceux autour du « centralisme démocratique ». La centralisation de l’action est souvent une condition de l’efficacité. Cette centralisation doit être concentrée sur des décisions de portée générale, elle doit laisser une place a ce qui relève de situations et d’expériences différentes. C’est le débat qui doit permettre de juger de ce qui est important et qui doit être porté par l’ensemble du parti. Et la aussi, il est nécessaire de donner des garanties en cas de désaccord politique. Le droit de s’organiser en tendances à ces occasions en est une garantie.
Reste la prise de décision sur des questions centrales, qui engage fortement le parti, la majorité simple (50%) est elle toujours la meilleur garantie ? Pour des choix qui doivent engager l’ensemble du parti, on peut avancer l’idée d’une majorité significative (reste à en fixer le seuil 60 %, un peu plus). Le consensus ne peut être une façon de fonctionner mais la majorité simple n’est pas forcement le plus satisfaisant ; un choix d’orientation important pour l’organisation adopté à 50,1 %, n’est pas la meilleure base pour qu’il soit porté par la très grande majorité des militants.
Nous devrons aussi laisser une place au fédéralisme dans ce nouveau parti, qui permette une certaine autonomie thématique ou géographique (à condition que ça n’empiète pas sur ce qui est porté par l’ensemble du parti).
Un autre aspect du fonctionnement démocratique, c’est la nécessité de mettre en place des conditions de débats les plus égales pour tous (formation, rythme militant, place des femmes).
Nous voulons un nouveau parti, c’est bien que nous avons conscience qu’il nous faut du « nouveau » qui sait s’appuyer, avec un œil critique, sur les expériences passées.
Pour un parti de militants
Notre parti doit être un parti de militants, mais il nous reste à régler la question de l’organisation que nous offrons à celles et ceux qui en accord avec nous, ne se voit pas être des militants à part entière.
Les comités locaux
Comment devons nous nous structurer ? Aujourd’hui nous existons principalement sous forme de comités géographiques et de quelques comités par secteur de travail, aussi bien localement que nationalement.
Je partage la préoccupation de Claude ; pour s’opposer au capitalisme, il faut s’organiser là où l’exploitation capitaliste est la plus enracinée, c'est-à-dire sur les lieux de travail sans bien évidemment négliger le fait que changer cette société passera sans doute par une articulation entre lutte directe contre l’exploitation capitaliste et luttes sociales dans la société. Une organisation par secteur géographique n’empêche nullement d’intervenir vers les entreprise mais aussi d’offrir une structuration pour celles et ceux qui bossent dans des petites entreprises (une grande partie du salariat).
Dans les différentes contributions des convergences voient le jour, des comités d’une 15aine de militants, une structure de coordination…
Nous allons bien évidemment devoir mettre en place une structure de coordination au niveau départemental. Nous allons aussi avoir à discuter rapidement de l’organisation en particulier au niveau de la ville de Tours ; combien de comités ? Quel découpage ? Idem pour l’agglomération.
Le processus constituant
Ce processus est un moment très particulier où nous débattons de ce que nous voulons, tout en commençant a être un parti politique en devenir. Notre fonctionnement préfigure donc ce que sera le nouveau parti que nous appelons de nos vœux sans l’être complètement. Je suis donc d’accord avec Jacques sur le fait que pendant cette période le consensus ou en tout cas la majorité large, très large doit être à la base de nos prises de décisions pour que tout le monde se sente à sa place.
Sylvain, lcr, St Pierre des Corps